SOFFCO.MM 2026 : la chirurgie bariatrique et les GLP-1 — 5 enseignements d'un congrès qui consacre la complémentarité

Insights — Compte rendu de congrès

SOFFCO.MM 2026 : la chirurgie bariatrique et les GLP-1 — 5 enseignements d'un congrès qui consacre la complémentarité

Cinq enseignements de deux journées intenses sur la côte méditerranéenne — comment la prise en charge de l'obésité se déplace de la concurrence vers l'articulation.

12 min de lecture 26 mai 2026 GASTER Technology
Actualisation éditoriale — 28 mai 2026

Remboursement de Wegovy® et Mounjaro® — effectif au 15 juin 2026

Six jours après ce congrès, les autorités sanitaires françaises ont officialisé le remboursement de Wegovy® (sémaglutide) et Mounjaro® (tirzépatide) dans l'indication obésité, effectif au 15 juin 2026. Le taux de remboursement est de 65 % par l'Assurance Maladie (proche de 100 % pour les patients en affection de longue durée, ALD), restreint aux adultes avec un IMC ≥ 40 kg/m², ou ≥ 35 kg/m² avec au moins une comorbidité liée à l'obésité, après échec d'une prise en charge nutritionnelle bien conduite. La prescription initiale est réservée aux spécialistes hospitaliers (Centre Spécialisé Obésité — CSO, CHU, services de nutrition ou d'endocrinologie). Les patients avec un IMC entre 27 et 35 sans comorbidité atteignant ce seuil restent en dehors du parcours remboursé.

Cette évolution s'inscrit dans la continuité des conversations observées au SOFFCO.MM 2026 sur l'articulation entre voies chirurgicale et pharmacologique au sein de parcours de soins structurés, et confirme officiellement l'angle mort clinique que représente la tranche IMC 27-35 — ni éligible à la pharmacothérapie remboursée, ni aux critères habituels de la chirurgie bariatrique.

Le congrès annuel 2026 de la Société Française et Francophone de Chirurgie de l'Obésité et des Maladies Métaboliques (SOFFCO.MM) s'est tenu à Marseille les 21 et 22 mai, rassemblant chirurgiens, endocrinologues, nutritionnistes, professionnels paramédicaux et acteurs industriels au Palais des Congrès du Parc Chanot. Organisée par Hugues Sebbag (Aix-en-Provence) et un comité scientifique pluriville, cette édition s'est distinguée par un constat clair : la relation entre chirurgie bariatrique et traitements pharmacologiques de l'obésité n'est plus une question de concurrence — c'est désormais une question d'articulation.

Cinq enseignements de deux journées intenses sur la côte méditerranéenne.

À retenir

Le congrès SOFFCO.MM 2026 a confirmé un tournant dans la prise en charge de l'obésité. L'obésité est désormais traitée de manière consensuelle comme une maladie chronique et multifactorielle, qui appelle un arsenal coordonné d'outils thérapeutiques. Les thérapies GLP-1, la chirurgie bariatrique, l'accompagnement nutritionnel et comportemental, et les approches non pharmacologiques émergentes sont de plus en plus discutées comme des leviers complémentaires — non comme des options concurrentes. Un fil conceptuel a traversé discrètement le congrès : une attention clinique renouvelée pour les multiples voies physiologiques impliquées dans le signal intégré de satiété — hormonale, mécanique, sensorielle, cognitive et émotionnelle — et pour la façon dont ces voies peuvent s'articuler dans des parcours de soins structurés.

SOFFCO.MM 2026 Chirurgie bariatrique GLP-1 Obésité Approches complémentaires Mécanosensoriel
01

L'obésité est désormais consensuellement reconnue comme une maladie chronique et multifactorielle

Le débat peut sembler ancien, mais l'édition 2026 a rendu ce changement de cadre limpide à tous les niveaux. De la séance inaugurale aux sessions du GCC-CSO et de l'AFERO, chaque intervenant a construit son propos sur la même base : l'obésité est une maladie chronique, complexe, multifactorielle — pas une question d'échec personnel, de manque de volonté ou de simple ajustement de mode de vie.

Ce consensus a des implications. Il informe la façon dont les parcours de soins sont conçus, dont les décisions de remboursement sont cadrées, et dont la communauté médicale dialogue avec les patients et les pouvoirs publics. La Coalition Obésité, évoquée lors de la session institutionnelle de clôture (ARS — CNAM — DAP), constitue l'une des expressions de ce positionnement collectif.

Pour les praticiens, ce déplacement ouvre des espaces. Il suggère que les plans de traitement ne reposent plus sur une intervention unique mais sur un arsenal coordonné — ce qu'un intervenant a appelé la « boîte à outils » de la prise en charge de l'obésité. Chirurgie, médicament, thérapie comportementale, activité physique adaptée, adjuvants émergents : chacun a sa place dans cette boîte à outils. La question n'est plus « lequel choisir », mais « quelle combinaison, pour quel patient, à quel moment ».

02

De la concurrence à la complémentarité : une relation chirurgie-pharma en évolution

Depuis plusieurs années, la montée en puissance des agonistes des récepteurs du GLP-1 (sémaglutide, liraglutide, tirzépatide) suscitait au sein de la communauté chirurgicale bariatrique des questions sur son rôle futur. Le congrès 2026 a suggéré que le cadre dominant se déplace progressivement de la substitution vers l'articulation.

Ce déplacement était visible dans de nombreuses sessions traitant ensemble des approches pharmacologiques et chirurgicales. La session « Chirurgie et/ou aGLP-1 » du jeudi matin, le symposium partenaire Lilly « Obésité : aujourd'hui repenser, demain maintenir », la session Novo Nordisk « De la culpabilité à la sérénité », le symposium Johnson & Johnson MedTech « Le chirurgien bariatrique, chef d'orchestre menacé ou renforcé par les nouvelles thérapies ? » ont chacune contribué à la même conversation plus large : la chirurgie bariatrique et les thérapies GLP-1 agissent sur des voies physiologiques différentes, s'adressent à des profils de patients différents, et peuvent intervenir à des moments différents du parcours de soins.

Plusieurs présentations ont contribué à cette vision. Bénédicte Gaborit (CHU Nord de Marseille) a abordé la question « Reprise de poids après aGLP-1 : que faire ? » — une question qui n'existait pas il y a cinq ans et qui s'inscrit aujourd'hui dans la pratique quotidienne de nombreux prescripteurs. La conférence Pattou/Ponce du vendredi matin, comparant les visions américaine et française de l'avenir de la chirurgie bariatrique à l'heure des nouvelles thérapeutiques, a réuni un auditorium plein.

Cette conversation dépasse largement le contexte français. La International Federation for Surgery of Obesity, European Chapter (IFSO-EC) a publié en 2024 un ensemble de recommandations GRADE-based sur le traitement chirurgical de l'obésité fondées sur des stratégies multimodales — reconnaissant explicitement l'usage combiné d'interventions de mode de vie structurées, de médicaments anti-obésité, de procédures endoscopiques et de chirurgie bariatrique métabolique comme piliers complémentaires d'une prise en charge intégrée. Le déplacement observé au SOFFCO.MM 2026 reflète ainsi un mouvement européen plus large vers une prise en charge multimodale de l'obésité.

La conversation explore davantage l'articulation que l'opposition.

Le défi pour les prochaines années sera de définir des parcours de soins structurés qui intègrent les forces de chaque approche au bon moment, pour chaque patient.

03

La chirurgie bariatrique ne recule pas — elle se repositionne

Deuxième observation : la chirurgie bariatrique ne se contracte pas. Elle se repositionne.

Les sessions techniques du congrès étaient exceptionnellement denses. La chirurgie robotique a occupé une place importante, avec la session inaugurale du vendredi (« Chirurgie bariatrique robot assistée, quoi de neuf en France et aux USA ? ») et une conférence dédiée de Michel Gagner sur la chirurgie magnétique. Plusieurs sessions étaient consacrées au raffinement des techniques établies (sleeve, bypass gastrique) — notamment les sessions « Comment j'améliore ma sleeve ? » et « Comment j'améliore mon GBP ? » soutenues par Johnson & Johnson MedTech, centrées sur des raffinements pratiques plutôt que sur des réinventions radicales.

Une évolution notable tient à la montée en puissance de la chirurgie de révision et de la gestion des complications. Les sessions sur la reprise de poids après sleeve, sur les révisions de bypass, sur la gestion des ulcères post-bypass, sur le reflux gastro-œsophagien après chirurgie bariatrique, et sur les combinaisons Nissen-sleeve étaient parmi les plus suivies. À mesure que de plus en plus de patients vivent longtemps avec une chirurgie bariatrique dans leur histoire, et qu'un nombre croissant arrive avec une trajectoire GLP-1 récente, la question chirurgicale s'inscrit de plus en plus dans une logique de raffinement, de révision et d'intégration — non uniquement d'initiation.

Le champ se réorganise également autour de nouvelles procédures. La session « Nouvelles procédures en chirurgie bariatrique » a présenté les résultats préliminaires d'études prospectives (BIPASS, YOMEGA 2, SASI, ROBOBAR) — un signal que la recherche académique française en bariatrie reste très active, malgré la pression pharmacologique sur les volumes.

04

L'accompagnement pluridisciplinaire n'est plus une annexe — il participe de l'ossature structurelle

Un thème a résonné fortement sur les deux journées : la centralité croissante de l'accompagnement pluridisciplinaire.

Les sessions sur l'accompagnement psychologique, la diététique, l'activité physique adaptée, et l'implication des patients experts étaient positionnées en parallèle des discussions chirurgicales et pharmacologiques principales, avec des modérateurs et leaders cliniques de premier rang. La session « Accompagnement psychologique : les TCA dans l'obésité, bien diagnostiquer pour mieux rééduquer » (Endoume 2-3, jeudi) et les sessions AFDN sur les nouveaux paradigmes en diététique (couvrant les patients sous GLP-1, les patients chirurgicaux, et les patients endoscopiques) ont attiré une attention soutenue.

Un fil particulièrement notable a traversé ces sessions : le rôle des dimensions émotionnelle et perceptive dans la régulation alimentaire. Plusieurs intervenants ont souligné que la prise en charge médicale de l'obésité ne peut être réduite à une équation calorique, ni à une modulation hormonale seule. Les patients naviguent également une relation à la nourriture, la perception de la faim et de la satiété, les dimensions émotionnelles de l'alimentation, et le corps comme référence sensorielle.

Cela reflète une maturation du champ. Il y a vingt ans, la prise en charge de l'obésité était essentiellement chirurgicale et pharmacologique. Aujourd'hui, le champ s'organise autour d'une approche plus intégrative où la psychologie, la diététique et l'activité physique pèsent dans l'équation des résultats à long terme. Les expressions « patients experts » et « patients partenaires », largement utilisées au cours du congrès, témoignent d'un déplacement organisationnel dans la façon dont les soins sont structurés.

05

Un fil conceptuel émergent : les multiples voies du signal intégré de satiété

S'il fallait identifier un seul fil conceptuel traversant le congrès — plus discret que le débat chirurgie/pharma, mais potentiellement plus profond — ce serait celui-ci : le signal intégré de satiété tend à être approché comme un objet cliniquement pertinent, adressable à travers plusieurs voies physiologiques complémentaires.

La satiété est, par nature, un phénomène intégratif. Elle résulte de la convergence de signaux hormonaux, mécaniques, cognitifs et émotionnels au niveau des circuits du système nerveux central impliqués dans la régulation de la prise alimentaire. Pendant des décennies, la pratique clinique a abordé la satiété surtout indirectement — par le contrôle des portions, l'accompagnement comportemental ou la restriction chirurgicale. Le congrès 2026 a suggéré que cela évolue.

Les thérapies GLP-1 ont démontré que la perception de la satiété pouvait être modulée pharmacologiquement, principalement par des voies neuro-endocrines. La chirurgie bariatrique, en particulier la sleeve et le bypass, agit par des modifications anatomiques et mécanosensitives. Et des approches non pharmacologiques émergentes — endoscopiques, comportementales, mécaniques — explorent d'autres leviers.

Plutôt que de demander « comment supprimer l'appétit ? », la question émergente pourrait être : « comment soutenir un réapprentissage durable des perceptions alimentaires, à travers des leviers physiologiques complémentaires ? »

C'est dans ce contexte que les approches complémentaires non pharmacologiques peuvent trouver leur pertinence. Les thérapies GLP-1 agissent principalement par des voies hormonales — une modulation neuro-endocrine centrale et périphérique. La chirurgie agit par des modifications anatomiques et mécanosensitives. Une troisième voie — la signalisation mécanosensorielle externe — a été moins explorée.

C'est l'un des rationnels qui sous-tend GASTER control®, le dispositif médical de compression abdominale externe développé en collaboration avec notre comité scientifique. Une étude observationnelle de faisabilité (n = 11), présentée le jeudi matin lors de la session de communications orales, a documenté la faisabilité rapportée, la tolérance et les modifications comportementales observées à court terme lors de l'utilisation d'une ceinture abdominale gonflable externe chez des adultes en surpoids ou en obésité non morbide.

La présentation, délivrée par le Dr Rouers au nom de l'équipe scientifique, a été suivie d'échanges constructifs dans la salle — notamment sur les considérations glycémiques et sur le rationnel mécanistique de la signalisation mécanosensorielle. Les discussions ont témoigné d'un intérêt exploratoire pour les compléments mécanosensoriels dans le cadre des prises en charge intégrées, aux côtés des conversations plus larges sur les voies hormonales et chirurgicales.

Dans les jours qui ont suivi le congrès, notre comité scientifique a accueilli un nouvel investigateur : le Dr Jean-Sébastien Lanne, chirurgien viscéral et digestif, qui rejoint le registre observationnel multicentrique GC-REG-01. Son arrivée élargit le périmètre géographique et clinique du registre et reflète une curiosité croissante au sein de la communauté chirurgicale pour les approches mécanosensorielles dans le cadre de parcours de soins intégrés.

Ce que cela pourrait suggérer pour les années à venir

Trois trajectoires convergentes émergent de cette édition.

La première est structurelle. La prise en charge de l'obésité semble se déplacer d'un modèle fragmenté — chirurgie dans un coin, médicament dans un autre, nutrition ailleurs encore — vers des parcours plus intégrés et pluridisciplinaires avec une articulation explicite entre les leviers.

La deuxième est conceptuelle. Le signal de satiété, longtemps traité comme un processus intégratif relativement opaque, devient un objet clinique qui pourrait être soutenu par plusieurs voies complémentaires — hormonale, anatomique, mécanosensorielle, cognitive, comportementale — chacune adressant une facette différente du même phénomène intégré.

La troisième est opérationnelle. La nouvelle génération de questions cliniques semble porter moins sur quelle intervention fonctionne le mieux isolément, et davantage sur le séquençage : quand introduire un GLP-1, quand envisager la chirurgie, quand ajouter un adjuvant non pharmacologique, quand décroître, quand maintenir. C'est une pratique plus nuancée que les débats binaires de la décennie passée.

Pour l'équipe GASTER control®, l'édition 2026 conforte la pertinence de notre positionnement exploratoire. Le dispositif n'est pas, et n'a jamais été, une alternative aux thérapies GLP-1 ou à la chirurgie bariatrique. Il est approché comme un complément mécanosensoriel potentiel aux prises en charge existantes, conçu pour soutenir les perceptions alimentaires pendant un traitement actif, durant les phases de transition, et après l'arrêt. La reconnaissance croissante que le signal de satiété est intégratif et multi-voies rend l'investigation clinique des adjuvants mécanosensoriels d'autant plus pertinente à conduire.

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Pas un avis médical. Cet article est fourni à titre informatif et éducatif. Il ne constitue pas un avis médical. GASTER control® est un dispositif médical portant le marquage CE, utilisé dans le cadre de parcours de soins médicalisés et sous supervision médicale. Pour toute décision concernant votre santé, consultez votre médecin.

GASTER control® n'est pas une alternative aux thérapies GLP-1 ni à la chirurgie bariatrique. Il est approché comme un adjuvant complémentaire, destiné à soutenir l'expérience intégrée de la satiété dans le cadre de parcours de soins structurés. Le niveau de preuve clinique actuellement disponible reste préliminaire ; le registre observationnel GC-REG-01 en cours vise à l'enrichir.

À propos de ce compte rendu : rédigé par l'équipe éditoriale de GASTER Technology, sur la base de la participation au congrès SOFFCO.MM 2026 (Marseille, 21-22 mai 2026) et du programme officiel. Les interprétations exprimées reflètent la lecture de l'équipe GASTER Technology et ne constituent pas une prise de position de la société SOFFCO.MM ni d'aucun intervenant cité.
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